Les cyanobactéries sont des micro-organismes très anciens, présentes de façon naturelle dans nos lacs. Bien qu’elles aient été historiquement appelées « algues bleues » ou « algues bleu-vert », elles sont en réalité des procaryotes proches des bactéries.
Elles possèdent des caractéristiques similaires aux végétaux, notamment leur capacité à effectuer la photosynthèse grâce à la chlorophylle-a. Ces organismes sont très anciens, étant apparus il y a près de 3 milliards d’années (voire 3,5 milliards d’années), et sont à l’origine de l’oxygène atmosphérique.
Elles tirent leur nom « cyano » de pigments comme la phycocyanine qui leur donne leur couleur bleue.
Les cyanobactéries se trouvent dans un large éventail d’habitats : les milieux d’eaux douces (plans d’eau et cours d’eau), les eaux marines, et même les milieux terrestres. Elles sont connues pour leur grande adaptabilité aux milieux humides et aquatiques, y compris les eaux froides, les eaux thermales, et les eaux salées ou hypersalées.
Il existe environ 4 669 espèces réparties dans 866 genres. Elles peuvent être benthiques (attachées à un substrat ou aux sédiments) ou planctoniques (en suspension dans la colonne d’eau).
La présence de cyanobactéries lors de proliférations massives (souvent appelées « blooms » ou « efflorescences ») peut être identifiée par plusieurs signes visuels et sensoriels :
- Changement de couleur de l’eau qui prend généralement une teinte verdâtre ou bleuâtre prononcée
- En bordure du lac, on observe souvent l’accumulation d’écumes, de mousses ou d’agrégats de matière flottante à la surface de l’eau et une baisse marquée de sa transparence
- Des odeurs désagréables peuvent se dégager, particulièrement lors de la décomposition de la biomasse de cyanobactéries.
Attention aux confusions : une efflorescence de cyanobactéries peut être confondue dans les Landes avec des dépôts de pollen, mais également avec des spores ou la présence de très petites plantes aquatiques flottantes qui donnent également une couleur verdâtre à la surface (lentilles d’eau).
Il est important de noter que la présence de cyanobactéries n’est pas toujours visible en surface. Certaines espèces colonisent les couches profondes de l’eau ou se fixent au fond (formes benthiques) sans signe extérieur apparent, tout en pouvant produire des toxines.
Un guide d’identification visuelle édité par les autorités québécoises peut aider à faire cette distinction : guide-identif.pdf
Si vous constatez la présence de cyanobactéries, identifiables par une couleur inhabituelle de l’eau (vert, bleu ou marron rougeâtre), un aspect visqueux ou la formation d’écumes en surface, vous devez adopter des mesures de précaution immédiates.
- Évitez tout contact avec l’eau : Il est impératif de limiter les expositions en évitant la baignade, les contacts cutanés et toute ingestion accidentelle d’eau.
- Protégez vos animaux : Tenez les animaux domestiques (notamment les chiens) et le bétail à l’écart des plans d’eau suspects. Empêchez-les de se baigner ou de s’abreuver, car ils sont très vulnérables aux toxines qui peuvent leur être fatales.
- Ne consommez pas de poisson : Il est déconseillé de consommer les poissons pêchés dans une zone où une prolifération est observée.
- Respectez les consignes locales : Consultez les bulletins de surveillance et les panneaux d’information affichés à proximité des plages. Suivez strictement les arrêtés municipaux d’interdiction de baignade ou les restrictions d’activités nautiques en vigueur.
- Surveillez votre santé : En cas d’apparition de symptômes après un contact (fièvre, nausées, vomissements, irritations de la peau ou des yeux), consultez un médecin en précisant votre exposition potentielle.
Certaines espèces libèrent des toxines dangereuses pour la santé humaine et animale. En très grand nombre (on parle de bloom ou d’efflorescence), elles relarguent des quantités importantes de toxines qui peuvent provoquer divers problèmes de santé.
Irritations de la peau, des yeux et des muqueuses, maux de ventre, nausées, vomissements et plus rarement atteinte du foie ou du système nerveux selon les toxines et les concentrations. En cas de symptômes après une baignade, consultez un médecin.
Les animaux peuvent s’intoxiquer gravement (parfois mortellement) en léchant leur pelage ou en avalant de l’eau contaminée. Si votre animal tremble, vomit, titube ou salive beaucoup après un contact, contactez un vétérinaire en urgence.
Les cyanobactéries ont besoin de lumière, de dioxyde de carbone (CO2) et de nutriments (phosphore et azote). Une température de l’eau supérieure à 20°C et une zone d’eau stagnante favorise leur développement.
Le déclenchement d’un « bloom » (ou efflorescence) de cyanobactéries résulte de la combinaison de plusieurs facteurs environnementaux favorables et de caractéristiques biologiques spécifiques qui permettent à ces micro-organismes de se multiplier de façon massive et rapide.
Voici les principaux facteurs identifiés :
- Les nutriments (Eutrophisation)
L’enrichissement de l’eau en nutriments est le moteur principal de la prolifération.
- Phosphore : C’est généralement l’élément limitant en eau douce et le principal responsable de l’eutrophisation. Un excès de phosphore favorise une augmentation globale de la biomasse.
- Azote : Bien que secondaire par rapport au phosphore, il joue un rôle crucial dans la structure des communautés. Certaines espèces peuvent même puiser l’azote directement dans l’atmosphère, leur donnant un avantage décisif dans les milieux pauvres en azote dissous.
- Les conditions météorologiques
Le climat et l’état physique de la masse d’eau sont des déclencheurs déterminants :
- Température élevée : Les cyanobactéries préfèrent les eaux chaudes, avec une croissance optimale souvent située entre 20 °C et 25 °C. Une température supérieure à 21 °C est fréquemment citée comme seuil favorisant les blooms.
- Stabilité de la colonne d’eau (Stratification) : Elles prospèrent dans les eaux stagnantes ou à faible courant. La stratification thermique (formation de couches d’eau de températures différentes qui ne se mélangent pas) permet aux cyanobactéries de rester dans la couche de surface mieux éclairée.
- Faible vent : Une baisse de la vitesse du vent réduit la turbulence, favorisant l’accumulation des cellules en surface sous forme d’écumes.
- Lumière : Une luminosité modérée à forte stimule la photosynthèse, bien que les cyanobactéries soient capables de dominer même par faible intensité lumineuse grâce à leurs pigments spécialisés.
Les cyanobactéries possèdent une grande adaptabilité aux milieux extrêmes, incluant les eaux froides et même la glace. Si elles se développent davantage en été et en automne dans les régions tempérées, elles ne disparaissent pas totalement pour autant.
Certaines espèces peuvent survivre au froid hivernal en régulant leur position dans l’eau. Elles se mettent au fond des lacs et refont surface lorsque les conditions de prolifération redeviennent favorables : un apport important de nutriments, des vents qui poussent les cyanobactéries au bord des plages vers des zones stagnantes, et une température d’eau suffisamment élevée car en bord de plage avec peu de profondeur d’eau.
Même en dehors des périodes de prolifération massive (blooms), les cyanobactéries font partie intégrante de l’écosystème. À titre d’exemple, dans le lac de Parentis-Biscarrosse, elles représentent encore environ 20 % de la communauté phytoplanctonique en hiver, bien que leur biovolume soit nettement plus faible qu’en été.
Oui, les cyanobactéries jouent des rôles fondamentaux et essentiels à la vie sur Terre, bien au-delà des nuisances occasionnées par leurs proliférations massives. Voici leurs principales utilités et fonctions bénéfiques :
- Apparues il y a environ 3,5 milliards d’années, les cyanobactéries sont à l’origine de l’oxygène présent dans notre atmosphère grâce à leur capacité à réaliser la photosynthèse.
- En tant que producteurs primaires, elles transforment l’énergie solaire, l’eau et le CO2 en biomasse, constituant ainsi la base des réseaux trophiques dans de nombreux écosystèmes.
- Certaines espèces possèdent la capacité unique de fixer l’azote atmosphérique gazeux pour le transformer en nutriments (comme l’ammonium ou les nitrates). Cette fonction est cruciale car elle enrichit le milieu en azote, qui peut ensuite être réutilisé par d’autres organismes vivants.
- Il existe un cas unique et célèbre de consommation humaine directe : les spirulines (Limnospira), qui sont des cyanobactéries utilisées comme complément alimentaire.
Les cyanobactéries font partie des écosystèmes lacustres, elles nourrissent le zooplancton et libèrent de l’oxygène. C’est leur prolifération (bloom) qui pose un problème pour les usages et la santé.
Les solutions de traitement respectueuses de l’environnement sont rares et l’assurance de leur fonctionnement varie selon les lacs et le type de traitement. Les efforts se concentrent sur la compréhension, l’anticipation et la gestion des causes profondes. La solution la plus connue et admise est une gestion sur le long terme des apports en nutriment.
C’est dû en grande partie aux affluents propres à chaque lac, dont les apports en nutriments varient. La répartition des eaux a aussi une influence : le lac Nord a un bassin versant plus petit et un double sens d’écoulement qui permet un renouvellement de l’eau plus rapide.