
La Communauté de Communes des Grands Lacs procède à des opérations de rechargements en sable en hiver et au printemps, lors de la période de fuite naturelle du sable vers le large (novembre/décembre à mai/juin) et de tempêtes récurrentes.
Le recul annuel moyen du trait de côte (pied de dune) à Biscarrosse est de 1,7 mètre par an. Après certains hivers tempétueux, des reculs de 10, 15, 20 et même 25 mètres ont été observés. Les falaises d’érosion, pouvant atteindre près de 10 m de haut, remplacent alors les pentes d’accès à la plage, posant un problème de sécurité. La plage, abaissée et rétrécie, ne permet plus d’envisager un accueil balnéaire. Les biens en haut de dune sont menacés.
En quoi consiste ce rechargement ?
Il s’agit de déplacer du sable marin au sein de la même cellule sédimentaire, de l’aval vers l’amont (du sud vers le nord) par rapport à la dérive littorale (transport moyen du sable de plage par les vagues, orienté vers le sud à Biscarrosse) et en pied de dune (respectant ainsi l’équilibre de la cellule).
Pourquoi procéder ainsi ?
- Pour pallier le déficit en sable de la plage,
- Pour consolider le pied de dune et stopper ou ralentir le recul du trait de côte,
- Pour empêcher l’abaissement de la plage qui fragilise la dune urbanisée située en arrière (défense des biens et des personnes).
Le sable déposé sera repris par la marée suivante. C’est le but recherché.
Les tas de sable déposés jouent le rôle d’airbags. Ils ont un effet tampon : c’est ce sable qui partira, pas celui de la dune en arrière. En plus, ils seront redistribués en aval-dérive, c’est-à-dire plus au sud, là où le sable a été pris. Ces dépôts de sables marins, issus de la même cellule sédimentaire, ne sont que des déplacements tenant compte de la dynamique côtière : pris au sud et redéposés en haut de plage urbaine, ils seront redéployés par la dynamique naturelle puisque la dérive littorale se déplace ici du nord vers le sud.
Combien cela coûte-t-il ?
Les opérations de rechargements en sable sur une distance de 1 kilomètre linéaire ont coûté en moyenne un peu plus de 385 000 € hors taxes par an, de 2018 à 2025 inclus. En comparaison, la pose de 350 mètres d’enrochement coûterait 5 millions d’euros, sans compter les coûts annuels élevés d’entretien et de rechargement…pour protéger les ouvrages !
Cette approche se révèle ainsi 13 fois moins onéreuse tout en couvrant trois fois plus de distance. Elle permet également de garder un paysage naturel et d’agir de façon résiliente. Si l’on ne faisait rien, l’impact financier serait largement supérieur, tant directement (disparition de biens et infrastructures) qu’indirectement (plages non accessibles, fin de l’activité balnéaire). Au regard de ces éléments, la solution du rechargement en sable reste privilégiée.
Cette stratégie est souple, douce et réversible.
Elle permet d’ajuster les interventions en fonction des besoins et des évolutions côtières.
Qui finance cette stratégie douce de gestion de la bande côtière (Axe n° 6.3 du plan d’actions) ?
- L’Europe (FEDER) à hauteur de 30%
- L’Etat (AFITF) à hauteur de 20%
- Le Conseil Régional de Nouvelle-Aquitaine à hauteur de 20%
- La Communauté de Communes des Grands Lacs à hauteur de 20%
- Le Conseil Départemental des Landes à hauteur de 10%

Rechargements sédimentaires : sables de bonne qualité et autorisation renouvelée
La Communauté de Communes des Grands Lacs, dans le cadre de la Stratégie Locale de Gestion de la Bande Côtière (SLGBC) de Biscarrosse, a déposé aux services de l’Etat (DDTM des Landes) un nouveau dossier de déclaration « loi sur l’Eau » (article L. 211-1 du code de l’Environnement).
Suite à son instruction, la préfecture des Landes permet, par arrêté préfectoral (n°2024-33), la poursuite des opérations de transferts mécaniques sédimentaires (rechargements en sable) pour les quatre prochains hivers, soit jusqu’au 1er mai 2027.
Ce dossier a notamment nécessité la réalisation de plusieurs études et analyses, dont celle de la qualité des sédiments destinés aux rechargements de la plage de la station balnéaire.
L’analyse granulométrique et le « pack-dragage » relatif aux seuils réglementaires de l’arrêté du 9 août 2006, concernant les sédiments marins et estuariens, permettent un contrôle de la qualité sédimentaire, microbiologique, physico-chimique et de la teneur éventuelle en micropolluants organiques.
Les prélèvements ont été réalisés en novembre 2023 sur 6 linéaires, de part et d’autre des piquets de limite de la DGA-EM. Ils avaient été effectués au nord de ces piquets de limite en 2019.
Tout comme il y a 4 ans (analyses dans le cadre de l’autorisation pour les 3 dernières années), les résultats sont satisfaisants, faisant état de sables d’une granulométrie très fine, exempts de toute contamination (Eurofins/Casagec). L’ensemble des données est porté ci-dessous à connaissance.
C’est une bonne nouvelle pour la qualité de nos plages et la poursuite de la stratégie locale.