
Gestion du trait de côte : une stratégie «nouvelle génération» pour Biscarrosse
En 2022, la Stratégie Locale de Gestion de la Bande Côtière (SLGBC) de Biscarrosse a abordé une nouvelle phase : c’est la SLGBC nouvelle génération !
Son plan d’actions, élaboré dans la continuité de la phase précédente (2018-2021) pour les six prochaines années, a été validé en comité de pilotage (COPIL) le 21 juin 2022 par l’ensemble des partenaires financiers et techniques (Préfecture, DREAL Nouvelle-Aquitaine, DDTM des Landes, Région Nouvelle-Aquitaine, Département des Landes, Mairie de Biscarrosse, Observatoire de la Côte Nouvelle-Aquitaine, DGA-EM…). Il a également été voté à l’unanimité du Conseil communautaire des Grands Lacs.
La SLGBC de Biscarrosse nouvelle génération (2022-2027) en chiffres
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- Un programme de 29 actions réparties en 7 axes pour une durée de 6 ans.
- Un coût prévisionnel de 3,8 millions d’euros hors taxes.
- Un partenariat financier multi-acteurs.
Partenaires financiers
- Europe (FEDER) : 34,50 %
- Communauté de Communes des Grands Lacs : 20,50 %
- Région Nouvelle-Aquitaine : 18,50 %
- Etat (FNADT + AFIT France) : 11,50 %
- Département des Landes : 10 %
- Ville de Biscarrosse : 5 %

Plan d’actions 2022/2027 et compte-rendu du COPIL du 21 juin 2022
La Communauté de Communes des Grands Lacs (CCGL) a élaboré, en 2022, un Plan de Gestion des Sédiments dans le cadre de la Stratégie Locale de Gestion de la Bande Côtière (SLGBC) de Biscarrosse.
Un Plan de Gestion des Sédiments (PGS) est un outil précieux d’aide à la décision au service de la politique de gestion de l’érosion.
Ce document d’une centaine de pages est destiné à être actualisé régulièrement au gré des nouvelles données et observations, il constitue également une mémoire importante de la dynamique côtière locale et de ses modalités de gestion (et de leurs interactions). Enfin, l’analyse des retours d’expérience, auxquels il incite, permet d’ajuster et d’affiner le calibrage des opérations à mettre en œuvre, le cas échéant.
Le nouveau PGS de Biscarrosse, téléchargeable ci-après (version actualisée 2023), se décline en 5 parties :
- Diagnostic des aléas et des enjeux.
- Analyse de l’évolution sédimentaire et des actions induites.
- Estimation du budget et des besoins en sédiments sableux.
- Détails techniques et réglementaires de la stratégie retenue (2018-2027).
- Retour d’expérience (REX) et adaptation.
Cette version 2023 met notamment en évidence l’extension de la période d’aléa érosion en saison estivale, incitant à étendre les suivis en juillet-août ; précise les périodes d’interventions annuelles à privilégier et la grande variabilité interannuelle des besoins sédimentaires ; confirme la nécessité de poursuivre les mesures et relevés topographiques et bathymétriques.
Ce PGS permet aussi de justifier la demande revue à la hausse des volumes de sable moyens à pouvoir mobiliser annuellement.
La Communauté de Communes des Grands Lacs (CCGL) continue de travailler étroitement avec la Direction Générale de l’Armement – Essais de Missiles (DGA-EM) dans le cadre de la Stratégie Locale de Gestion de la Bande Côtière (SLGBC) à Biscarrosse.
L’autorisation qui permettait à la CCGL de prélever du sable sur la plage du site militaire de la DGA-EM (initialement obtenue en 2021) a été renouvelée à partir du 9 octobre 2024. Cela permet de poursuivre les opérations de prélèvement dans ce secteur.
L’avantage est d’étendre les zones de prélèvements de sable, ce qui soulage les zones d’emprunts habituelles, fluidifie le battement des tombereaux entre zones d’emprunts et zones de dépôts, accentuant encore l’efficacité des opérations.
Enfin et surtout, à terme, des stocks de sable pourront être prélevés dans le but de constituer des réserves utilisables en période hivernale.
Ce partenariat ne concerne plus seulement les prélèvements de sable. Il inclut désormais également des suivis scientifiques sur le littoral de ce site militaire :
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Suivis topographiques (relevés GPS et par drone),
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Suivis bathymétriques (mesures des fonds marins),
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Suivis piézométriques (forages pour mieux comprendre les nappes d’eau souterraines).
La connaissance du fonctionnement hydrosédimentaire et du système « dunes, plages, océan » de la côte biscarrossaise s’enrichit, grâce à cette extension du périmètre d’étude.
Biscarrosse se trouve dans la partie Sud de la cellule sédimentaire dite des « passes du Bassin d’Arcachon. » L’évolution de ces dernières influe donc directement sur nos plages.
Retrouvez l’ensemble de ces éléments dans le document ci-dessous (Artélia, GéoTransfert, 2015) :
La Chambre Régionale des Comptes Nouvelle-Aquitaine a publié, en septembre 2023, un rapport d’observations définitives sur la gestion du trait de côte menée par la Communauté de Communes des Grands Lacs et la commune de Biscarrosse sur la période 2011-2022.
Le rapport analyse les choix politiques liés à la gestion et aux moyens financiers déployés, et évalue la bonne prise en compte des enjeux et des risques.
La stratégie adoptée par Biscarrosse se distingue par l’absence de structures fixes (en dur) en front de mer et privilégie une lutte active souple et douce avec des rechargements en sable, dans l’attente d’une recomposition spatiale et du repli des biens menacés. Le reste du littoral est, lui, laissé à l’évolution naturelle.
La CCGL qui pilote la stratégie côtière associe étroitement le monde universitaire à ses actions de connaissance et de surveillance du littoral, comme le souligne le rapport. Elle est aussi attachée à rendre accessibles au grand public, au moyen de son site internet notamment, les informations et connaissances sur le sujet.
Le rapport est disponible sur le site internet de la Chambre Régionale des Comptes Nouvelle-Aquitaine : https://urlz.fr/oc5z
En plus de préciser les résultats des actions entreprises, la Chambre Régionale des Comptes émet des recommandations sur la politique de lutte face à l’érosion côtière.
La Communauté de Communes des Grands Lacs était tenue de faire connaître les modalités de prise en compte de ces recommandations avant le 17 octobre 2024.
Elle a répondu à cette obligation (article L. 243-9 du code des juridictions financières) en présentant, lors de son conseil communautaire du 16 juillet 2024, un rapport circonstancié avec les actions réalisées suite aux recommandations.
Celui-ci a été approuvé à l’unanimité par le conseil. Il est consultable ici : Réponses_recommandations_CRC
La SLGBC de Biscarrosse 2018-2021
Depuis 2018, la CCGL exerce la compétence GEMAPI. Parmi les actions entreprises par les intercommunalités dans le cadre de la GEMAPI figure la défense contre les inondations et contre la mer (article L.211-7 du code de l’environnement).
La CCGL pilote la Stratégie Locale de Gestion de la Bande Côtière (SLGBC) de Biscarrosse, avec l’appui du GIP Littoral Aquitain, qui anime depuis 2012 la stratégie régionale de gestion du risque d’érosion côtière. Le littoral de l’ancienne région Aquitaine voit ainsi un ensemble de stratégies locales à l’échelle des cellules sédimentaires correspondantes.
Les actions principales contre l’érosion
La stratégie est structurée autour de trois axes principaux :
- Rechargements en sable
- Accompagnement des processus naturels
- Étude de relocalisation des biens situés en première ligne
Partenariats techniques et financiers
Le plan d’actions 2018-2021 de la stratégie locale de Biscarrosse s’est élevé à plus de 1,6 millions d’euros et a été financé grâce à un partenariat avec l’Europe (FEDER), l’Etat (FNADT), la Région et le Département.
La répartition est la suivante :
- L’Europe via le FEDER : 58 %
- Communauté de Communes des Grands Lacs : 20 %
- Région Nouvelle Aquitaine : 10 %
- Département des Landes : 10 %
- Etat : 2 %
Au-delà des aspects financiers, la mise en place effective de la stratégie passe par un partenariat étroit et régulier avec l’ensemble des acteurs de stratégies locales via le GIP, avec les communes des territoires voisins, la DGA-EM et l’ensemble des partenaires institutionnels et scientifiques.
Bilan de la première phase (2018-2021)
La première phase de la stratégie, engagée en 2018 pour une durée de 4 ans, s’est effectuée dans le cadre d’un partenariat étroit et a répondu aux prérogatives issues de la GEMAPI, dont la lutte contre la mer est un des éléments.
Elle a donné lieu à un bilan de 70 pages qui a été validé à l’unanimité en décembre 2021, respectivement lors d’un comité de pilotage réunissant l’ensemble des partenaires techniques et financiers, et lors du Conseil communautaire de la CCGL tenu le 14 décembre 2021.
Il en a résulté la poursuite de la stratégie locale à travers un second plan d’actions : la phase 2, d’une durée supérieure à celle de la phase 1.


