Mieux comprendre un phénomène naturel et ses enjeux sur les lacs du territoire.
Les cyanobactéries sont des micro-organismes photosynthétiques unicellulaires qui figurent parmi les plus anciennes formes de vie apparues sur Terre, il y a environ 2,5 à 3 milliards d’années. Souvent appelées « algues bleues », elles n’appartiennent pourtant pas au groupe des algues mais à celui des bactéries.
Très largement répandues dans l’environnement, elles sont naturellement présentes dans les milieux aquatiques et terrestres et jouent un rôle important dans le fonctionnement des écosystèmes.
La présence de cyanobactéries dans un lac n’est donc pas anormale et ne constitue pas, à elle seule, un risque pour la santé. Les difficultés apparaissent lorsqu’elles prolifèrent de manière excessive, formant ce que l’on appelle des « blooms » ou efflorescences.
Deux grands types de cyanobactéries
Il existe plusieurs milliers d’espèces de cyanobactéries. On distingue principalement deux grands groupes :
- Les cyanobactéries benthiques, qui se développent sur les fonds, les roches ou la végétation aquatique dans les zones peu profondes ;
- Les cyanobactéries planctoniques, qui restent en suspension dans la colonne d’eau grâce à des vésicules gazeuses leur permettant de flotter et de s’accumuler en surface.

Le lac de Parentis-Biscarrosse est principalement concerné par le développement des cyanobactéries planctoniques.
Certaines espèces sont capables de produire des toxines appelées cyanotoxines, susceptibles de présenter un risque pour la santé humaine et animale
Pourquoi les cyanobactéries prolifèrent-elles ?
Le développement des cyanobactéries dépend de plusieurs facteurs environnementaux.
Pour se multiplier, elles ont besoin :
- De lumière ;
- De nutriments, principalement d’azote et de phosphore ;
- D’une eau tempérée ou chaude, généralement supérieure à 20 °C.
Plus il y a d’ensoleillement, de nutriments disponibles dans l’eau, et d’eau chaude, et plus les cyanobactéries vont pouvoir se développer rapidement.
Ces conditions expliquent pourquoi les efflorescences sont observées principalement durant la période estivale, mais également l’impact du réchauffement climatique sur la multiplication des épisodes d’efflorescences.
Sur les lacs de Parentis-Biscarrosse et d’Aureilhan, l’espèce majoritairement observée est « Microcystis sp. », connue pour produire des toxines appelées microcystines. À l’inverse, le lac de Cazaux-Sanguinet présente peu voire pas de cyanobactéries. Ce lac est qualifié d’oligotrophe, c’est-à-dire naturellement pauvre en éléments nutritifs, ce qui limite fortement les risques de prolifération.
Des solutions limitées mais des actions possibles
Des solutions pour lutter contre les cyanobactéries existent, mais elles restent souvent complexes à mettre en œuvre, particulièrement sur des surfaces importantes comme le lac de Parentis-Biscarrosse.
Les méthodes telles que le brassage artificiel de l’eau, l’oxygénation des fonds ou le traitement de certains secteurs, peuvent présenter une efficacité variable et nécessitent des investissements importants.
L’action la plus efficace à long terme consiste à limiter les apports et le relargage en nutriments, notamment en phosphore et en azote.
Le principal enjeu du lac Sud réside dans l’importante quantité de phosphore accumulée dans ses sédiments. Chaque année, sous l’effet de processus hydromorphologiques naturels, une partie de ce phosphore est remise en suspension dans la colonne d’eau. Cette libération constitue une source de nutriments favorable au développement des cyanobactéries.
Il n’existe pas de solution réaliste permettant d’éliminer ce stock de phosphore à l’échelle du lac. Une telle intervention nécessiterait le dragage de l’ensemble des sédiments (ce qui est techniquement, économiquement et environnementalement inenvisageable sur un lac de 3 540 hectares).
L’ARS et la réglementation
La présence potentielle de cyanotoxines justifie la mise en place d’un contrôle sanitaire spécifique.
L’Agence Régionale de Santé (ARS) assure le contrôle sanitaire réglementaire des eaux de baignade par la réalisation de prélèvements et d’analyses officielles, conformément à la réglementation en vigueur.
En France, la gestion des proliférations de cyanobactéries dans les eaux douces de baignade repose sur le Code de la santé publique et sur l’instruction DGS/EA4/EA3/2021/76 du 6 avril 2021, applicable depuis le 15 avril 2022.
Cette instruction précise les modalités de surveillance, de gestion et d’information du public afin d’harmoniser les pratiques à l’échelle nationale. Elle s’appuie notamment sur les travaux d’expertise réalisés par l’ANSES concernant les risques sanitaires liés aux cyanobactéries et à leurs toxines.
Le SMGBL
Le Syndicat Mixte de Gestion des Baignades Landaises (SMGBL) coordonne à l’échelle départementale la gestion de la qualité des eaux de baignade et la communication des résultats auprès des différents acteurs concernés.
Il met en œuvre un dispositif d’autocontrôle comprenant :
- Un suivi visuel régulier des plages ;
- Des mesures rapides des concentrations en cyanobactéries ;
- Le déclenchement, si nécessaire, d’analyses complémentaires en laboratoire.
Ce dispositif permet une surveillance réactive des zones de baignade les plus sensibles.
Les communes
Les communes gestionnaires des plages, et donc des zones de baignade, sont responsables de l’information au public et de la mise en place des mesures de fermeture ou de restriction si nécessaire et conformément à la loi.
Pour connaître l’état d’ouverture des plages, les usagers peuvent consulter le site :
Vous trouverez également un site dédié à l’information du public sur la qualité des eaux de baignade :
L’action de la Communauté de Communes des Grands Lacs
Depuis 2025, la Communauté de Communes des Grands Lacs (CCGL) conduit une campagne de suivi sur le lac de Parentis-Biscarrosse ainsi que sur les cours d’eau tributaires.
Cette démarche scientifique vise à mieux comprendre les différents facteurs influençant le développement des cyanobactéries.
Les principaux objectifs de cette étude sont :
- D’évaluer la qualité des eaux sur le bassin versant du lac de Parentis-Biscarrosse.
- De suivre l’évolution des cyanobactéries.
- De mieux comprendre les facteurs qui favorisent leur développement.
- D’informer et d’agir en cas de dépassement des seuils.
- De proposer des actions à mettre en œuvre en fonction des résultats de l’étude.
Les résultats de l’étude menée ne sont pas publiés. Vous trouverez en revanche des données sur des études scientifiques comparables accessible en ligne.
La qualité des eaux sur le territoire
L’Agence de l’eau Adour-Garonne met en place un réseau permanent de surveillance des cours d’eau et des lacs.
Les données de suivi sont accessibles sur le portail du Système d’Information sur l’Eau :
Ce site permet notamment de consulter les résultats concernant les lacs de Parentis-Biscarrosse, d’Aureilhan et de Cazaux-Sanguinet ainsi que de nombreux cours d’eau du territoire.
Une version simplifiée, plus adaptée au grand public, est également disponible :
Fermeture et restriction des baignades
De nombreuses analyses de cyanobactéries sont réalisées sur les zones de baignade à risque, généralement tous les 2 à 3 jours. La concentration dans l’eau des cyanobactéries peut évoluer très rapidement sous l’effet du vent, des courants, de la température ou d’autres facteurs environnementaux. Ainsi, deux plages pourtant proches l’une de l’autre peuvent être soumises à des restrictions différentes. De même, une interdiction de baignade peut être levée puis rétablie en quelques jours seulement, en fonction des résultats des contrôles.
Lorsqu’un arrêté municipal ou préfectoral interdit explicitement la baignade, le non-respect de cette interdiction est susceptible de constituer une infraction et d’entraîner une contravention. Il convient toutefois de noter que ces arrêtés s’appliquent généralement aux zones de baignade délimitées. Le reste du plan d’eau n’est, en principe, pas concerné par ces restrictions, sauf disposition particulière prévue par l’arrêté.
Pour en savoir plus
Une foire aux questions dédiée est disponible, ainsi qu’une vidéo pour mieux comprendre les cyanobactéries.